Historique

Historique de 1944 à 1997

Tout a commencé le soir du 24 septembre 1944 dans l’entrepôt à pommes de M. Calixte Bienvenue, dans le rang du Cordon à Saint-Jean-Baptiste-de-Rouville.

Une quarantaine de personnes se sont rassemblées pour trouver un moyen d’avoir l’électricité chez eux.

Le centre du village l’avait cette fameuse électricité mais la Southern Canada Power exigeait que les « habitants » paient un surplus pour la construction et la fourniture du courant.

Le cas de Saint-Jean-Baptiste n’était pas différent d’ailleurs dans la province. C’est donc sous le règne de Maurice Duplessis que fut créée l’Office de l’électrification rurale qui avait pour mission d’électrifier le Québec par l’entremise de coopératives d’électricité.

Il fut décidé ce soir-là que la création d’une coopérative était le meilleur moyen pour bénéficier de l’électricité à un taux avantageux.

Les pages suivantes sont extraites du volume paru en 1997 pour souligner le 200e anniversaire de la paroisse de Saint-Jean-Baptiste-de-Rouville.

 

Le fameux verglas de 1998

Lors de la parution du volume du bicentenaire de la Paroisse de Saint-Jean-Baptiste-de-Rouville en 1997, dans lequel nous souhaitions une continuité de la Coopérative sous un ciel sans nuage, celui-ci nous est tombé sur la tête.

Début janvier 1998, la pire tempête de verglas s’abat sur le Québec, principalement en Montérégie.

On parle alors du triangle noir formé des villes de Saint-Hyacinthe, Saint-Jean-sur-Richelieu et Granby.

Où se trouve le réseau de la Coopérative ? Exactement au milieu du triangle.

Pendant un mois, des équipes provenant des autres réseaux municipaux et des entrepreneurs privés sont venus prêter main forte aux cinq monteurs de ligne de la Coop.

Il y eut aussi des gens du Nouveau-Brunswick avec leur accent savoureux qui sont venus « hâler du wire » pour remettre notre réseau sur pied.

Tout ce monde nous a aidé sans avoir la garantie d’être remboursé. C’est cela avoir du cœur. Dès la deuxième semaine, une mission d’Hydro-Québec a été formée spécialement pour remonter la Coop. De concert avec eux, nous avons replanté les 1 800 poteaux brisés, réinstallé les centaines de transformateurs tombés et remis en place ou remplacé les centaines de kilomètres de fils.

Un mois de peine et de misère. Un mois sans se décourager. Un mois durant lequel tout le personnel autant les monteurs que les p’tites filles (les perles) de la Coop ont démontré qu’ils avaient le sigle de la Coop gravé dans le cœur.

Ça y est. Le courant est revenu partout et en même temps qu’Hydro-Québec. On en est très fier. Les dirigeants de la Coopérative ont toujours eu comme objectif de démontrer à leurs membres qu’ils sont aussi importants que les abonnés d’Hydro-Québec et qu’ils méritent un traitement égal sinon supérieur.

« Bravo à tous ceux et celles qui ont permis cet accomplissement. »

Dès la première semaine, il était évident que nous ne pourrions faire face à la musique tout seul. Même avec l’appui des autres réseaux, la tâche était trop lourde. C’est donc avec l’appui du député du comté, M. Jean-Pierre Charbonneau et du ministre des ressources naturelles, M. Guy Chevrette, qu’il a été décidé de demander l’aide d’Hydro-Québec.

Facture finale : 8,4 millions de dollars.

Impossible pour la Coopérative de payer une telle somme.

5 millions sont prêtés par Desjardins avec une garantie du gouvernement. Hydro-Québec met sa facture sur la glace en attendant la suite des événements.

Les petits entrepreneurs et les réseaux municipaux sont donc remboursés. Hydro, NON. On travaille avec une épée de Damoclès suspendue au-dessus de nos têtes. Si les gouvernements ne nous aident pas, c’est la faillite.

Deux ans s’écoulent et finalement, les deux paliers de gouvernement s’entendent pour éponger les dettes du verglas. La dernière coopérative d’électricité du Québec, la seule parmi la cinquantaine existantes dans les années cinquante est sauvée.

Avec un réseau rajeuni et une situation financière sans dette de verglas, nous pouvons donc commencer un nouveau siècle avec optimisme.

Aujourd’hui, la Coopérative se modernise. La flotte de camions est des plus modernes. L’outillage est adéquat. L’informatique s’est adaptée aux exigences de la clientèle en matière de paiement. Nos postes de distribution seront bientôt reliés par la fibre optique.

La Coopérative, souvent comparée au village gaulois d’Astérix, est aussi composée d’irréductibles qui n’ont peur que d’une chose :

QUE LE CIEL LEUR TOMBE SUR LA TÊTE . . .

UNE AUTRE FOIS !